| Tremblante |
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| Écrit par Céline POUGET - Yves BONY | ||||||||||
| Lundi, 12 Janvier 2009 06:01 | ||||||||||
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La Tremblante est une maladie animale neurodégénérative du groupe des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) qui atteint les moutons et les chèvres. Elle est causée par des agents infectieux nommés prions. Décrite de puis plus de 100 ans, elle est devenue depuis 1996 une maladie à déclaration obligatoire (MRLC). Il ne faut pas confondre la tremblante avec l'ESB, maladie à prions de la même famille qui atteint les bovins et n'a été identifiée que deux fois chez des caprins. L'ESB est une maladie bovine transmissible à l'homme. Par contre, la tremblante est une maladie qui touche les ovins et les caprins, et sa transmission à l'homme n'a jamais été mise en évidence.
La tremblante se caractérise par la transformation d'une protéine prion naturelle (PrP) de l'hôte en une protéine prion pathologique (PrPsc). Cette protéine est plus concentrée au niveau du système nerveux central. On distingue : - La forme classique (1/4 des tremblantes détectées en France), la plus contagieuse et dont le prion diffuse largement au sein de l'animal. - La forme atypique (les 3/4), probablement très peu contagieuse et dont le prion se concentre dans le système nerveux central.
1. La tremblante classique La tremblante classique atteint essentiellement des animaux d'âge compris entre 1 et 5 ans sans limite supérieure d'âge. Les moutons à génotypes très sensibles ont les incubations les plus courtes (quelques mois) alors que les animaux semi-résistants ont les incubations les plus longues (quelques années). Les symptômes de la tremblante classique sont nerveux et se traduisent par :
L'évolution est lente et toujours d'issue fatale. 2. La tremblante atypique Les symptômes peuvent être présents mais discrets : ataxie, incoordination, changement de comportement, mauvais état général, pas de tremblements, pas de prurit, âge moyen observé en Norvège 6.5 ans.
Le diagnostic de la tremblante est fondé sur la suspicion clinique et sur des lésions microscopiques caractéristiques. Depuis 2002, des tests dits rapides sont pratiqués en abattoir et en équarrissage et viennent ainsi compléter les outils disponibles.
Pour les ovins, il est possible de distinguer des animaux génétiquement sensibles ou résistants. Cette distinction n'existe pas pour les caprins.
1. La tremblante classique Le gène PRNP code pour une protéine appelé protéine prion (PrP). Cette protéine prion peut être normale et on parle alors de PrP, ou anormale et on parle de PrPsc (Protéine Prion associée à la scrapie). Ce gène conditionne la sensibilité des ovins à la tremblante et très probablement la durée d'incubation de la maladie. A ce jour, 3 codons ont été clairement identifiés comme ayant une conséquence directe sur la sensibilité/résistance à la tremblante : le codon 136 (qui code pour l'alanine A ou la valine V), le codon 154 (qui code pour l'arginine R ou l'histidine H) et le codon 171 (qui code pour l'histidine H ou la glutamine Q). Ces codons déterminent le génotype de l'animal et la sensibilité de l'animal à la maladie.
2. La tremblante atypique Sur le plan génétique, la tremblante atypique est due à une mutation sur le codon 141. L'allèle L141 (allèle sauvage) est transformé en F141. Quand cette mutation (F141) survient, on observe une augmentation de la sensibilité. Par exemple, sur des animaux AF141RQ, on observe 14 fois plus d'animaux atteints de tremblante atypique. Ce phénomène est très marqué sur les animaux ARQ mais il existe sur tous les allèles, y compris en ARR/ARR
Ces modalités sont encore peu connues. La porte d'entrée initiale de la maladie serait la voie orale. L'infection gagnerait ensuite les organes lymphoïdes (ex : amygdales) puis le système nerveux. Les matières contaminantes sont peu connues. L'infectiosité du placenta est bien démontrée. Dans les conditions naturelles, lors de l'agnelage, le placenta et les eaux fœtales souillent la mamelle et l'agneau se contaminerait lors de la tétée ou du léchage. IMPORTANT Suite à des études scientifiques, les agences sanitaires européenne et nationale (AESA et AFSSA) viennent de rendre, en 2008, deux avis concordants qui font état de la transmission de l'agent de la tremblante classique des petits ruminants à des agneaux génétiquement sensibles à cette maladie nourris avec du lait de brebis atteintes de tremblante classique.
En ce qui concerne la Tremblante atypique : Il n'existe pas actuellement de preuve d'une contagiosité de la tremblante atypique. La protéine n'est retrouvée que dans le système nerveux central
Un programme régional de typage, conseil et renouvellement des béliers, a été organisé en Midi-Pyrénées en 2002/2003 financé par le Conseil Régional.
Suite à une réunion du groupe technique ovin FODSA, les différents organismes CONFEDERATION ROQUEFORT - UNOTEC/OVITEST - ADEL - APROVIA - GEBRO - UNICOR - FODSA - (SICA AGNOLIN - GCO) ont informé l'ensemble des éleveurs.
D'autre part, nous recommandons à tous les élevages ovins de n'introduire que des béliers résistants dans les élevages : soit l'animal est accompagné d'une attestation (ou de la copie du résultat d'analyse) de son statut résistant vis-à-vis de la tremblante, soit il est impératif de faire une analyse de sérotypage à l'introduction.
La Tremblante a été ajoutée à la liste des M.R.L.C. en juin 1996.
Les arrêtés ministériels du 7 novembre 2008 ont modifié les arrêtés ministériels du 27 janvier 2003. Ces arrêtés prévoient que, dès qu'un ovin ou caprin est confirmé atteint de Tremblante, le(s) cheptel(s) concerné(s) soient placés sous APMS (Arrêté Préfectoral de Mise sous Surveillance) ou APDI (Arrêté Préfectoral de Déclaration d'Infection) en fonction des mouvements de l'animal concerné.
- Les ovins résistants sont maintenus sur l'exploitation - Les ovins sensibles et très sensibles sont réformés et détruits suite à une expertise dans un délai de 1 mois (possibilité d'avoir un délai de 2 campagnes pour l'élimination). IMPORTANT L'arrêté de novembre 2008 concerne surtout de nouvelles mesures, notamment pour les cheptels laitiers. En effet, suite à des études scientifiques les agences sanitaires européenne et nationale ont rendu deux avis concordants qui conduisent à renforcer les mesures de précaution existantes. L'AFSSA et l'AESA font état de la transmission de l'agent de la tremblante classique des petits ruminants à des agneaux génétiquement sensibles à cette maladie nourris avec du lait de brebis atteintes de tremblante classique. Il convient de prendre en compte ces nouvelles données scientifiques pour adapter les mesures déjà en place qui sont : Les données les plus récentes ne remettent pas en cause l'absence de transmission de la tremblante atypique chez les ovins et les caprins
PRINCIPES DE GESTION DU LAIT LORS DE TREMBLANTE (Extrait document DDSV 12 du 21/11/08)
1 / TREMBLANTE CAPRINE : Dès la suspicion posée, le lait des cheptels de naissance et des cheptels où l'animal a mis bas est écarté de la consommation humaine. Il peut être consommé uniquement par les animaux du cheptel.
Dans le cas où le caprin est né et à mis bas dans des exploitations successives, ces cheptels sont mis sous surveillance pendant une période de 3 ans.
2 / TREMBLANTE OVINE : Dès la suspicion posée, le lait des cheptels de naissance et des cheptels où l'animal a mis bas est écarté de la consommation humaine. Il peut être consommé uniquement par les animaux du cheptel.
Les autres animaux sensibles et très sensibles du ou des cheptels sont traités selon le schéma habituel : abattage des mâles destinées à la reproduction et des agneaux.
Si l'ovin a séjourné dans le cheptel depuis sa naissance et jusqu'à 6 mois avant la suspicion, les mesures de police sanitaire relatives à l'assainissement du cheptel lors de tremblante classique peuvent être mises en place sur option de l'éleveur, ou bien le cheptel est soumis à des mesures particulières pendant 3 années. Dans le cas où l'ovin est né et à mis bas dans des exploitations successives, ces cheptels sont mis sous surveillance pendant une période de 3 ans.
Lors du ramassage des cadavres de ces animaux âgés de plus de 18 mois par l'équarrisseur, l'éleveur doit fournir au chauffeur une fiche de prélèvements (disponible à la DSV ou au GDS). Ce document doit être pré rempli par l'éleveur : numéro d'élevage, numéro d'identification, race et sexe de l'animal mort. Le contrôle des béliers pour les élevages sélectionneurs (visite vétérinaire) concerne l'Agalaxie contagieuse, la Paratuberculose, la Lymphadénite caséeuse, l'adénomatose pulmonaire.
(1) APMS : Arrêté Préfectoral Mise sous Surveillance (1) APDI : Arrêté Préfectoral Déclaration Infection (2) campagne 2006 avec tests systématiques à l'équarrissage et à l'abattoir pour les petits ruminants de plus de 18 mois (3) campagne 2007 : sur 34 dossiers, 24 sont classés atypiques Au niveau national depuis juin 1996, il a été enregistré au 19/11/2008, 1242 foyers de Tremblante ovine et caprine dont 62 nouveaux foyers en 2008. |