| Pathologie respiratoire des jeunes bovins |
|
|
|
| Écrit par Céline POUGET | |||||
Comment l'appréhender ?La pathologie respiratoire est une dominante de l'élevage bovin du fait de la mortalité mais surtout de la morbidité et des séquelles irréversibles provoquées. Bien que le cheptel laitier soit touché, c'est essentiellement le cheptel allaitant et en particulier les jeunes bovins soit à l'allotement, soit à l'engraissement qui subit l'impact économique le plus important
· Pourquoi les bovins sont-ils si fortement touchés?Les bovins ont des poumons de faible volume (environ 12 litres/500 kg) comparé au volume d'un cheval (42 L). D'autre part, ces poumons sont fortement compartimentés et leur surface d'échanges gazeux est faible par rapport à la masse musculaire de l'animal. Ces particularités ajoutées à d'autres comme une trachée de petit diamètre, imposent aux bovins une respiration plus profonde augmentant la pénétration de particules. L'énergie dépensée par un bovin pour respirer est élevée et cette énergie et les difficultés respiratoires sont encore plus importantes pour un bovin viandeux et culard.
Les agents infectieux sont nombreux mais on en retiendra 2 ou 3 particulièrement fréquents. ···-Tout d'abord les virus comme: le Virus Respiratoire Syncytial Bovin (VRSB) ou le virus du Parainfluenza 3. · - Les bactéries comme les pasteurelles. Le virus du BVD est aussi largement connu comme un agent pathogène cofacteur lors de problèmes respiratoires. Il favorise ainsi l'installation d'autres agents pathogènes plus ou moins agressifs. · Mais ces agents pathogènes ont un impact d'autant plus dommageable que des facteurs de risque aggravent la situation. On retiendra:
· ·
Les animaux atteints sont fiévreux, toussent plus ou moins, le nez coule, la fréquence respiratoire augmente et peut devenir irrégulière et discordante. L'animal peut aussi présenter un stade avancé avec une détresse respiratoire. Les différents signes cliniques orientent peu sur l'agent infectieux en cause.
·En cas de situation critique ou d'échec thérapeutique, vous devez alerter votre vétérinaire. Des analyses de laboratoire peuvent être réalisées afin de connaître l'agent en cause et d'orienter le traitement thérapeutique mais surtout de choisir la prévention.
···········1. Agir sur l'ambiance du bâtiment. Les conditions de logement jouent un rôle capital pour le maintien de la santé de vos animaux et notamment au niveau pulmonaire. Il ne faut pas systématiquement remettre en cause le bâtiment mais ne jamais l'impliquer est injustifié. Dans ce cas, il faut hiérarchiser: le bâtiment peut être un facteur déterminant, favorisant ou bien un facteur accessoire. En cas de problème récurrent chaque année à la même période ou si les animaux sont atteints tout au long de l'année, l'interrogation bâtiment doit être posée. Dans ce cas, faites faire un diagnostic ambiance bâtiment. Des solutions individuelles seront apportées. ········· 2. Conduite d'élevage Différents mesures sont possibles. On notera 2 mesures importantes·:
·········3. Les traitements curatifs Lorsque les animaux sont en phase clinique il est très important d'agir rapidement. Attention toutefois car lorsque les animaux commencent à tousser les lésions peuvent déjà être importantes. En cas de doute, il convient de prendre précocement la température. En cas de température >40 ° C, un animal est suspect d'être atteint. Tout animal malade doit être traité afin d'éviter que les lésions ne s'aggravent et deviennent irréversibles.
Il convient d'administrer systématiquement un antibiotique même si un virus est en cause car les surinfections bactériennes sont très fréquentes. On privilégiera un antibiotique à large spectre d'activité et longue action car le traitement doit agir minimum 5 jours. Un anti-inflammatoire non stéroïdien doit être associé en première intention. Il permettra de combattre l'hyperthermie et diminuera l'inflammation au niveau des poumons. Il potentialisera l'action de l'antibiotique. D'autres médicaments peuvent être associés au cas par cas en fonction de la gravité de l'état de l'animal. · ·········4. Les vaccins
Comme toute vaccination, celle-ci doit être réalisée suffisamment tôt avant la période à risque pour être efficace. Le délai de mise ne place de l'immunité est de 15 jours pour les vaccins injectables et de 10 jours pour les vaccins par voie intranasale. D'autre part, la protection immunitaire transmise par la mère via le colostrum est mauvaise et particulièrement très mauvaise pour le VRSB. Ces différentes contraintes imposent une vaccination des veaux après la naissance et non des mères pendant la gestation. Aujourd'hui, différents vaccins sont disponibles sur le marché. Certains ont une action ciblée sur les virus notamment le VRSB et le Parainfluenza 3 et d'autres une action ciblée virus + bactéries (Certaines pasteurelles). Certains vaccins peuvent être administrés à de très jeunes animaux permettant de prévenir les problèmes respiratoires des plus jeunes. Chaque protocole vaccinal se réfléchit en fonction des agents pathogènes en présence et de l'âge des animaux atteints. Aussi il est préférable d'en parler à son vétérinaire qui vous aidera à mettre en place un protocole adapté.
· |